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Parents 31

Le parrainage de proximité : offrir un lien qui dure

Enfant tenant la main à son parrain

En Haute-Garonne et en Ariège, l’association Un enfant des parrains met en lien des familles bénévoles avec des enfants qui ont besoin d’un soutien affectif durable. Un dispositif méconnu, pourtant encadré par la loi, qui peut faire une vraie différence dans la vie d’un enfant.

Nous avons échangé avec François Carraud, président de l’association et lui-même parrain depuis plus de douze ans, pour tout comprendre sur le parrainage de proximité : ce que c’est, à qui ça s’adresse et comment s’y lancer.

 

EN BREF

  • Le parrainage de proximité est un lien affectif complémentaire, qui ne remplace pas la famille ni l’autorité parentale.
  • Il est ouvert aux enfants de 4-5 ans à 21 ans, quel que soit leur profil ou leur situation.
  • Les parrains et marraines sont tous bénévoles et s’engagent dans la durée (en général un à deux week-ends par mois).
  • Le dispositif est encadré par la loi : une charte nationale du parrainage définit les droits et obligations de chacun.
  • Pour se lancer en Haute-Garonne ou en Ariège : unenfantdesparrains.fr

 

 

Qu’est-ce que le parrainage de proximité ? En quoi est-ce différent d’une adoption ou d’une famille d’accueil ?

« Le parrainage de proximité consiste à établir un lien affectif entre une famille qui parraine et un enfant qui souhaite être parrainé. L’objectif, c’est vraiment de permettre à des enfants qui sont dans des situations un peu difficiles : que ce soit en foyer, suivis par l’aide sociale à l’enfance, ou dans des familles en difficulté, notamment fragilisées de sortir de leur environnement et de découvrir d’autres choses : d’autres personnes, d’autres façons de vivre, d’autres activités culturelles ou sportives. C’est également l’occasion d’apporter un soutien à des enfants dont l’entourage bénéficie de peu de liens à proximité, notamment pour des familles monoparentales ou lorsque les réseaux amicaux et les proches sont éloignés.

La première grande différence avec l’adoption ou la famille d’accueil, c’est que le parrainage ne se substitue pas aux liens de parenté, ni à l’autorité parentale. C’est un lien complémentaire. L’enfant reste dans son lieu de vie habituel, avec les personnes qui o nt autorité sur lui.

Deuxième différence importante : tous les parrains et marraines sont bénévoles. Et c’est un lien qui s’inscrit dans la durée. En général, les parrains restent en contact avec leurs filleuls bien au-delà de la majorité. Ce n’est pas le cas des familles d’accueil, qui peuvent changer. D’ailleurs, certaines familles d’accueil viennent nous voir après la fin de leur mission, justement pour continuer à maintenir un lien avec un enfant et pour que ce lien soit un peu officialisé. »

Qui sont les enfants qui peuvent bénéficier d’un parrainage ? Y a-t-il un âge ou un profil particulier ?

« Tout le monde peut bénéficier d’un parrainage : nous ne faisons pas de sélection sur les enfants. Dans la pratique, nous accompagnons des enfants entre 4-5 ans et 21 ans. Avant 4-5 ans, c’est encore très jeune : les enfants ont du mal à comprendre la différence entre le parrainage et un lien familial ordinaire.

Il faut savoir que le parrainage est encadré par la loi. Il existe notamment une charte nationale du parrainage, disponible sur Internet, qui définit ce que c’est, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. La loi prévoit même que l’aide sociale à l’enfance propose un parrainage à chaque enfant placé en foyer… même si c’est encore loin d’être systématique dans la pratique. »

Concrètement, à quoi ressemble le quotidien d’un parrain ? Quelle place ça prend dans une vie ?

« Dans la pratique, ça représente un à deux week-ends par mois. On prend l’enfant le week-end, parfois pendant les vacances. On sort, on fait des activités ensemble.

Ce que je peux dire aussi, c’est que la relation se construit en fonction de ce que souhaitent faire les deux parties, autant l’enfant et sa famille que le parrain. C’est une relation à deux, où chacun apporte quelque chose.

Ce qui est important aussi, c’est que pour beaucoup d’enfants, surtout ceux qui sont en foyer ou dans des familles très fragilisées, le parrain ou la marraine est un des seuls liens stables et permanents. On participe, à notre manière, aux grandes décisions : les choix d’orientation, les projets professionnels… Quand ma filleule est sortie du dispositif de l’aide sociale à l’enfance, je pense vraiment que le fait qu’on soit là l’a aidée à passer ce cap. »

Vous êtes vous-même parrain depuis de nombreuses années. Qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?

« Ce que ça m’a apporté, c’est de connaître une jeune fille, de connaître son histoire, de partager ses difficultés, mais aussi ses joies. C’est une vraie relation. On dit souvent que le parrainage apporte autant aux parrains qu’aux filleuls et je crois que c’est vrai.

C’est aussi une personne de plus dans notre environnement affectif. Et puis, on se sent utile ! »

Qui peut devenir parrain ou marraine ? Est-ce accessible à tous ?

« Le parrainage est ouvert à un très large public. Les principaux critères, c’est d’abord qu’il n’y ait pas eu de comportements anormaux : un certificat d’honorabilité est demandé, un peu dans le même esprit que l’extrait de casier judiciaire, mais plus complet.

Ensuite, si la personne est en couple ou a des enfants, il faut que l’ensemble du foyer soit d’accord : c’est un projet commun, pas une démarche individuelle.

Et enfin, il faut un minimum de stabilité. La charte recommande un écart d’une dizaine d’années environ entre le parrain ou la marraine et l’enfant parrainé.

En pratique, on a des profils très différents : des jeunes couples d’une trentaine d’années, des retraités qu’on appelle parfois des « grands parrains » ! On a des motivations variées aussi. L’essentiel, c’est la disponibilité et l’envie de s’engager dans la durée. »

Quelles sont les étapes pour se lancer et combien de temps ça prend avant de rencontrer son filleul ?

« Le processus commence par une rencontre avec notre groupe parrainage (une équipe de 3 à 5 personnes). Nous rencontrons d’un côté les enfants et leur entourage (famille, éducateurs si nécessaire) pour comprendre leur situation et leurs envies. De l’autre côté, nous rencontrons aussi les familles qui souhaitent parrainer, pour mieux les connaître et comprendre ce qu’elles recherchent.

Ensuite, on réfléchit à la mise en lien la plus pertinente, selon des critères géographiques mais aussi selon la façon dont on ressent les personnes.

Une chose importante : nous organisons 4 à 5 sorties par an, et nous demandons aux familles qui souhaitent parrainer de participer à au moins l’une d’elles. C’est l’occasion pour elles de voir comment ça se passe concrètement et de rencontrer d’autres familles de parrainage et des enfants parrainés avec leurs parents.

Le délai avant une mise en relation peut varier : dans certains cas, ça peut se faire en 3 mois ; dans d’autres, ça peut prendre un an, selon les opportunités.

Une fois la mise en lien décidée, il y a une phase de découverte d’environ 2 à 3 mois : les deux parties se rencontrent, apprennent à se connaître, sans que ce soit encore un engagement définitif. 

Si tout le monde est d’accord, on signe alors une convention de parrainage, valable un an et renouvelée chaque année. »

Si un habitant de Haute-Garonne lit cet article et veut s’investir, par où il commence ?

« Il faut contacter l’association directement, via notre site unenfantdesparrains.fr. Vous y trouverez les coordonnées de nos points de contact :  un en Haute-Garonne, un en Ariège. On prend rendez-vous pour se voir et expliquer comment ça fonctionne.

Sur le site, vous trouverez également les dates de nos prochaines sorties. Je vous encourage vraiment à y participer : c’est la meilleure façon de voir concrètement ce qu’est le parrainage, de rencontrer d’autres familles et de savoir si ça vous correspond.

Et pour résumer en un mot : le parrainage, c’est un lien complémentaire au lien familial. Pas une adoption, pas une famille d’accueil mais un lien affectif supplémentaire, bénévole, qui s’inscrit dans la durée. C’est ce qui en fait toute la valeur. »

Les autres associations en Haute-Garonne

Union Nationale des Acteurs de Parrainage de Proximité

L’UNAPP (Union Nationale des Acteurs de Parrainage de Proximité) présente les principes du parrainage de proximité définis dans la charte nationale du parrainage cosignée des ministres de la famille et de la justice, publiée au JO en août 2005. Elle soutient l’action des membres de son réseau, accompagne le développement des projets sur les territoires et fait la promotion du parrainage dans tous ses usages.

Parrains par mille

Cette association nationale se développe avec 17 antennes dans toute la France.

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