À la rencontre de Contre-Courant : quand la musique devient un espace pour créer du lien entre parents et enfants
8 septembre 2026

Et si la musique permettait de mieux se comprendre en famille ? Avec son nouvel atelier, l’association Contre-Courant invite parents et enfants à créer ensemble leur propre morceau, en mêlant écriture, percussions corporelles, beatbox et loopstation. Roxane Giraudot, chargée de médiation culturelle au sein de l’association, nous présente cette initiative et les autres actions proposées aux familles et aux habitants du territoire.
EN BREF…
- Contre-Courant propose un atelier de création musicale réunissant parents et enfants, à travers l’écriture, les percussions corporelles, le beatbox et la loopstation.
- L’objectif est de créer du lien, favoriser la communication et permettre à chacun d’exprimer ses émotions autrement, dans un cadre accessible et bienveillant.
- L’atelier est ouvert à partir de 7 ans, sans expérience musicale nécessaire et peut accueillir parents, grands-parents et fratries.
- Les séances ont lieu deux mercredis par mois, de 15h00 à 17h00, à partir du 23 septembre 2026. Un cours d’essai est possible.
- Contre-Courant développe également d’autres projets autour du slam, de la danse, du hip-hop et du beatbox, auprès des familles, des jeunes, des habitants et en milieu scolaire.
Qu’est-ce que Contre-Courant et quel est votre rôle dans l’association ?
“Contre-Courant est une association créée en 2009 qui accompagne des artistes dans leur développement de carrière, à la fois sur le volet de la production et sur celui de la médiation culturelle. De mon côté, je fais le lien entre les artistes, les publics et la transmission.
J’ai une formation en pédagogie, en ingénierie didactique et dans le spectacle vivant. Mon rôle consiste notamment à construire avec les artistes des projets pédagogiques accessibles aux différents publics, tout en leur permettant de transmettre leur savoir et leur univers artistique.”
En quoi consistent les ateliers parents-enfants “Écriture, beatbox et percussions corporelles” que vous proposez ?
“Ce sont deux artistes qui seront au cœur des ateliers. Frédérika, membre de la compagnie Humanophones, est spécialisée notamment dans les percussions corporelles. Julie Castel Jordy est slameuse, poète, chanteuse et coach vocale.
Elles vont apporter chacune leur spécialité. Au départ, il y aura une phase d’écriture assez libre. Puis, petit à petit, on va resserrer les textes autour de figures de style, de mots et de sonorités qui fonctionnent bien ensemble. On va créer un petit répertoire de mots que l’on va ensuite essayer de mettre en chanson, en refrain. Puis viendra la partie consacrée aux percussions corporelles, pour mettre du rythme sur ces mots.
Tout va se construire avec les participants. Il n’y a pas d’attendu particulier : l’idée n’est pas de faire quelque chose de “magnifique”. Ce qui compte, c’est que chacun soit fier de ce qu’il crée.
Si l’on visualise le résultat final, ce sera un morceau de musique composé de parties individuelles et de parties collectives. Chacun pourra notamment scander son texte sur des rythmes et des passages plus percussifs.”

© Association Contre-Courant
Selon vous, qu’est-ce que la création artistique peut apporter aux enfants et aux parents ?
“Cet atelier permet tout particulièrement de créer du lien entre le parent et l’enfant, autour d’un projet artistique commun. À travers l’écriture, on va pouvoir parler d’anecdotes, d’expériences de vie, de ce qui nous distancie et de ce qui nous rassemble. Cela peut aussi permettre de travailler sur certaines incompréhensions, voire de faire émerger des non-dits ou des tensions.
L’idée est ensuite d’en faire quelque chose d’artistique, d’en faire quelque chose de beau. Et, à la fin, il y aura une restitution qui permettra à chacun d’être fier du chemin parcouru.”
“L’atelier mêle aussi l’écriture créative aux percussions corporelles et au beatbox. On va donc mobiliser le corps et la voix. À travers le corps, on peut sortir du mental, apprendre à lâcher prise, libérer des tensions, être dans le mouvement et dans l’expression. C’est aussi une façon de travailler autour du bien-être et de la santé mentale.”
À qui s’adresse cet atelier ?
“L’atelier est proposé à partir de 7 ans, notamment parce qu’il comporte une partie d’écriture. Mais nous allons nous adapter aux participants. Avec des enfants plus jeunes, nous pouvons être moins dans l’écrit et davantage dans le travail autour du corps. Avec des adolescents qui ont davantage envie d’écrire, nous pouvons au contraire aller plus loin dans cette dimension.
L’atelier est ouvert aux duos parent-enfant, mais aussi aux grands-parents et aux enfants. Les fratries sont également les bienvenues : un parent peut venir avec deux enfants.
L’idée est vraiment de rendre la participation la plus accessible possible et de tenir compte des réalités des familles, notamment lorsqu’il faut organiser la garde des enfants.”
Comment la musique peut-elle aider parents et enfants à mieux se comprendre ?
“Le fait de partager un espace commun, autour de quelque chose qui nous plaît, qui nous anime et qui nous fait du bien, favorise forcément la communication.
La musique est un espace de création. Et surtout, tout le monde peut faire de la musique. On essaie justement de sortir de l’image très érudite que l’on peut avoir de la musique, associée par exemple au conservatoire.
Ici, on peut créer avec des mots, des sonorités, des claquements, un rythme… Puis les artistes mettent tout cela en forme. Il faut vraiment se mettre en tête que tout le monde peut faire de la musique.”
Si un parent hésite encore à inscrire son enfant, que lui diriez-vous ?
“Je lui dirais de venir essayer ! Il n’y a pas besoin de savoir faire de la musique et il n’y a pas besoin de savoir à l’avance ce que l’on va créer.
On peut venir, découvrir, voir si cela plaît à l’enfant et au parent et ensuite décider de poursuivre. L’important est que chacun puisse trouver sa place et prendre plaisir à créer ensemble.”

© Association Contre-Courant
Quel serait, pour vous, le plus beau résultat au terme de ces ateliers ?
“J’aimerais pouvoir voir, dans les regards et dans les mouvements, que quelque chose a changé : que quelque chose s’est rapproché, qu’une complicité s’est créée, que l’on s’est sentis bien ensemble.
Et peut-être aussi que les participants aient envie de continuer à faire des choses artistiques ensemble, de continuer à construire ensemble.”
Vous proposez également d’autres actions auprès des enfants, des familles et des habitants. Pouvez-vous nous en parler ?
“Un autre atelier va commencer en octobre autour du slam, à destination des personnes allophones, c’est-à-dire des personnes dont le français n’est pas la langue maternelle. J’ai notamment un master en enseignement du français langue étrangère et je vais m’associer à un artiste slameur et poète pour proposer des ateliers autour de la langue française.
L’idée est de travailler notamment autour de la lutte contre l’illettrisme et de favoriser l’apprentissage du français à travers la poésie, l’art et la culture.
Nous développons également un projet autour du slam et de la danse, avec une partenaire de quartier. Les participants écriront leurs textes dans les ateliers, puis des chorégraphies seront associées aux textes scandés. Nous sommes toujours dans l’univers des cultures urbaines et du hip-hop, qui correspond beaucoup aux artistes avec lesquels nous travaillons.
Nous intervenons aussi en milieu scolaire, dans le cadre d’appels à projets. Par exemple, nous allons travailler avec un beatboxer qui a remporté un championnat de beatbox sur un projet appelé « Les petits bruiteurs », autour du beatbox et du bruitage sur un dessin animé.”
Quelles sont les modalités de participation ?
“L’ensemble de ces ateliers est gratuit, avec une adhésion à l’association de 10 euros. Nous proposons également une tarification libre pour les personnes qui ont des revenus modestes : si une personne ne peut pas payer les 10 euros, elle donne ce qu’elle peut. Une fois l’adhésion réalisée, les autres ateliers sont gratuits.”
