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Parents 31

Médiation familiale : à quoi sert-elle et quand faire appel à un médiateur ?

Deux parents discutant dans le cadre d'une médiation familiale en Haute-Garonne.

Conflits entre parents séparés, désaccords au sein d’une fratrie, difficultés entre parents et adolescents… La médiation familiale peut intervenir dans de nombreuses situations. À l’occasion de la Semaine de la médiation, parents31.fr vous propose de découvrir l’association Écoute moi grandir, à Saint-Gaudens et de mieux comprendre le rôle de la médiation familiale et le déroulement d’un accompagnement. Nous avons échangé avec Clément Revuz, médiateur et coordinateur du service de médiation, pour en savoir plus ! 

 

EN BREF

  • La médiation familiale permet aux membres d’une famille en conflit de bénéficier de l’accompagnement d’un tiers extérieur, qualifié et impartial.
  • Elle peut concerner les parents séparés, mais aussi les fratries, les grands-parents, les parents et adolescents ou d’autres situations de conflit familial.
  • Un premier entretien d’information, individuel et gratuit, permet de faire le point sur la situation et de voir si une médiation est adaptée.
  • Le coût des séances dépend des revenus, selon le barème national de la Cnaf.

 

Pouvez-vous nous présenter l’association Écoute moi grandir et ses missions auprès des familles ?

« L’association Écoute moi grandir, c’est une association de Saint-Gaudens, qui a pour objet d’accompagner sur les défis de la parentalité et la petite enfance. L’association intervient dans plusieurs domaines liés à la petite enfance et à la parentalité. 

Elle propose notamment un LAEP, un espace de rencontre, un groupe de parents ainsi qu’un service de médiation familiale, qui accompagne les familles confrontées à des conflits ou à des situations de crise. Le service de médiation existe depuis 13 ans. Il compte aujourd’hui une équipe de trois médiateurs-médiatrices et est ouvert toute la semaine, toute l’année, en s’organisant en fonction des besoins des personnes ».

Comment définiriez-vous la médiation familiale et à quoi sert-elle concrètement ?

« Je dirais que je suis un professionnel du conflit et spécifiquement de la gestion coopérative du conflit. Le conflit est une chose normale. Dès l’instant où on a une relation avec quelqu’un et on a un désaccord sur un sujet, on peut parler de conflit.

La coopération comme stratégie de résolution de conflit, ça consiste à essayer d’occuper sa place pleinement et de laisser l’autre occuper sa place aussi. Reconnaître que nos besoins font sens et on ne peut pas les mettre de côté, mais que les besoins de la personne en face, font sens aussi. 

Nous recevons des personnes qui ont des ressources, qui sont compétentes, qui ont su traverser plein de choses à plein de niveaux dans la question du conflit dans leur vie, mais qui là sont en crise. Ils sont dans une crise soit ponctuelle, soit qui s’est installée depuis longtemps et ils cherchent un tiers, quelqu’un qui ne soit pas directement parti pris, qui puisse apporter un cadre, apporter une sécurité, apporter un regard extérieur aussi et les soutenir dans leurs démarches. ». 

Dans quelles situations les familles peuvent-elles faire appel à un médiateur familial ?

« Les personnes que l’on reçoit le plus souvent, ce sont des parents qui sont séparés, des parents qui sont en instance de séparation, parfois qui hésitent même à se séparer.

En tout cas, des personnes qui sont dans un désaccord intense, qui néanmoins ont une raison très importante de continuer à communiquer et à décider des choses ensemble, c’est-à-dire le bien-être d’un enfant. D’un enfant qui ne peut pas prendre ses décisions tout seul, et d’un enfant qui a besoin d’être épargné par la violence qui peut exister dans le conflit et par l’intensité d’opposition de ses parents.

Mais en vérité, on peut recevoir le même couple ou ex-couple qui se dispute sur des enjeux de propriété, on peut recevoir des grands-parents qui n’arrivent pas à avoir leurs petits-enfants et qui veulent discuter avec leur fils ou leur fille, on peut recevoir des fratries qui sont en opposition depuis un certain temps, on peut recevoir des parents qui cherche un lieu d’échange avec leur adolescent… »

Comment se déroule une médiation, du premier rendez-vous jusqu’aux éventuels accords ?

« D’abord, l’entretien d’information. Il dure une heure. Il est gratuit. Il n’engage pas à faire la médiation derrière. C’est important, cette première rencontre. En général, très majoritairement, on le fait seul avec chacun, c’est-à-dire on fait deux entretiens. »

Une fois ces entretiens réalisés, si les personnes souhaitent s’engager dans la démarche, les séances de médiation peuvent commencer.

« On ne prend qu’une séance à la fois. Cette séance dure une heure et demie, sauf s’il y a des contraintes exceptionnelles. Pendant cette heure et demie, on va traiter des sujets que les personnes amènent. En tant que médiateur et médiatrice, on a des outils pour maintenir le cadre, s’assurer du respect de la parole, de renvoyer les personnes sur leurs objectifs à elles, leurs besoins à elles, et de les guider pour ne pas qu’on perde de vue les objectifs de cette séance. »

Le nombre de séances dépend ensuite de chaque situation.

« J’ai des parcours qui durent deux séances, trois séances. J’en ai qui ont duré douze séances, et c’est très rare. En moyenne, c’est plutôt 4-5. »

À la fin du processus, les personnes peuvent formaliser leurs accords. Le médiateur accompagne alors les personnes dans la rédaction de leur accord, sans se substituer à un avocat ou à un conseil juridique.

Quelles sont les modalités pratiques pour bénéficier de votre accompagnement et quel en est le coût ?

« Les modalités pour bénéficier de cet accompagnement, c’est essentiellement de le demander. On ne demande pas de documents, ni de papiers. Ce qui nous intéresse, c’est qu’est-ce qui les motive. Qu’est-ce qui fait qu’ils passent la porte du bureau aujourd’hui, de quoi ils ont peur, de quoi ils ont besoin, de quoi ils ont envie, qu’est-ce qu’ils ont comme espoir, ça, c’est important pour la médiation »

Le coût de la médiation dépend ensuite des revenus. À titre d’exemple, l’intervenant indique qu’une personne sans revenus aura a payer 2 euros par séance, tandis que le montant augmente progressivement selon les revenus, jusqu’au plafond prévu par le barème national fixé par la Caisse d’allocations Familiales. Chaque personne paie sa propre part en fonction de ses revenus.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux parents qui hésitent à entamer une médiation ?

« Je dirais que je peux comprendre la réticence. Je reçois beaucoup de parents pour qui être en médiation, c’est déjà un peu un échec. L’échec de l’idéal de communication qu’on avait, l’idée de se dire qu’en fait, on n’a pas su s’en débrouiller ou que c’est dommage d’en être là. Et c’est quelque chose que je comprends, que je respecte. Il faut beaucoup de courage pour demander de l’aide. »

Pour autant, il encourage les parents qui hésitent à franchir au moins la première étape :

« Faites le premier entretien. Allez rencontrer le professionnel, ne serait-ce que pour poser des mots. Pour mettre à plat, les difficultés qui sont les vôtres et qu’il n’est pas nécessaire d’affronter juste seul. Peut-être que ça ne conduira pas à une médiation. Mais peut-être que rien que cette première écoute-là, le fait de pouvoir déposer un peu sa valise, sera utile pour décider quoi faire. Ça l’est souvent. ».

 

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