Prendre soin de sa santé
Faire le point sur sa santé quand on devient jeune adulte : bilans, prévention et soutien
Entre 18 et 25 ans, les jeunes adultes commencent souvent à gérer eux-mêmes leur santé : création d’un compte Ameli.fr, choix d’un médecin traitant, premières démarches administratives ou encore organisation de rendez-vous médicaux. Cette période s’accompagne aussi de nombreux changements : entrée dans les études supérieures, premiers emplois, mobilité, nouvelles responsabilités pouvant modifier les habitudes de vie.
Pour les parents comme pour les jeunes, il est alors utile de connaître les dispositifs existants : bilans de santé, bilans prévention, ressources d’écoute, lieux d’accompagnement gratuits en Haute-Garonne, outils pratiques pour mieux comprendre ses besoins et repérer d’éventuelles difficultés. Cette page rassemble l’essentiel pour accompagner sereinement cette étape charnière et rappeler que de nombreux services sont accessibles, sans avance de frais ou sans rendez-vous.
Comprendre l’intérêt d’un bilan de santé à l’âge adulte
Entre 18 et 25 ans, un bilan de santé permet de faire le point sur différents aspects essentiels : la vue, l’audition, la santé bucco-dentaire, le sommeil, les habitudes alimentaires ou encore l’activité physique. L’Assurance Maladie rappelle que ces évaluations précoces permettent d’identifier des signes ou facteurs de risque avant qu’ils ne deviennent des problèmes avérés, et d’obtenir des conseils personnalisés pour améliorer son hygiène de vie ou son organisation quotidienne[1].
Pour beaucoup de jeunes, c’est aussi le premier moment où un professionnel de santé fait le lien entre leur mode de vie : rythme d’études, déplacements, premiers emplois, stress ou manque de sommeil et leurs besoins médicaux. Un bilan sert alors de repère : il aide à comprendre comment évolue la santé au passage à l’âge adulte et comment prévenir les déséquilibres.
Le dispositif “M’T dents tous les ans” propose un examen bucco-dentaire gratuit tous les ans des 3 aux 24 ans de l’enfant accompagné si besoin de soins pris en charge. Ce rendez-vous permet de vérifier la bonne pousse des dents, de prévenir les caries et de donner des conseils adaptés aux habitudes alimentaires ou au brossage. Les professionnels peuvent également orienter en cas de besoin d’orthodontie.
En quoi le bilan de prévention peut compléter le bilan de santé ?
Le bilan prévention, désormais accessible à tous les jeunes adultes via Ameli.fr, complète le bilan de santé traditionnel. Il explore des dimensions plus larges et tient compte du mode de vie actuel du jeune : sommeil, alimentation, activité physique, risque d’addictions, santé mentale ou questionnements liés à la sexualité. Selon l’Assurance Maladie, ce bilan sert à repérer ce qui fonctionne bien, ce qui pourrait être amélioré et les points nécessitant un accompagnement plus spécifique. Il permet ensuite, si besoin, de programmer un échange avec un médecin ou un autre professionnel de santé afin d’obtenir des conseils adaptés et faciles à mettre en œuvre.
Ainsi, bilan de santé et bilan prévention sont deux outils complémentaires pour comprendre sa santé à un moment où les habitudes se construisent et où les risques, s’ils sont identifiés tôt, peuvent être facilement corrigés.
[1] Assurance Maladie. « Mon bilan prévention » entre 18 et 25 ans, un temps d’échange dédié à la prévention en santé.
Le dispositif s’adresse aux personnes de 18 à 25 ans. Pour bénéficier du bilan, il faut prendre rendez-vous auprès d’un professionnel habilité : médecin (notamment votre médecin traitant), infirmier, sage-femme ou pharmacien.
Si votre professionnel habituel ne propose pas le bilan, l’annuaire en ligne accessible via le site santé.fr permet de trouver un praticien habilité près de chez vous.
Préparer le bilan : le questionnaire santé
Pour faciliter l’entretien, un auto-questionnaire (disponible sur le site ou l’application Mon Espace Santé) est proposé en amont du rendez-vous. Il invite à réfléchir à ses habitudes de vie, son environnement social ou familial, sa santé actuelle, et les sujets que l’on souhaite aborder.
Ce questionnaire n’est pas obligatoire : vous pouvez le remplir avant ou bien le compléter directement lors de la consultation si vous préférez.
Lors du rendez-vous, vous pouvez apporter vos informations de vaccination, vos derniers résultats d’analyses, vos carnets (dentiste, vaccination, etc.) afin de donner une vue globale à votre professionnel.
Le déroulé du bilan et ce qu’il apporte
Le bilan dure 30 à 45 minutes et se déroule en trois étapes.
- Repérage des risques individuels.
- Choix d’un ou deux thèmes à travailler.
- Élaboration d’un Plan Personnalisé de Prévention (PPP) avec objectifs et actions concrètes (changer les habitudes, dépistages, suivi médical, accompagnement, etc.).
Si des besoins médicaux sont détectés, le professionnel peut orienter vers des soins ou examens adaptés, faisant du bilan un véritable déclencheur de prise en charge.
Un moment de vie naturellement instable
La période qui s’étend de 18 à 25 ans est souvent décrite comme l’une des plus riches, mais aussi des plus déstabilisantes de la vie[2]. Les jeunes adultes doivent composer avec de nouveaux environnements d’étude ou de travail, parfois loin du domicile familial, tout en gérant une autonomie financière encore fragile. À cela s’ajoute une pression importante liée à la réussite universitaire, aux premières expériences professionnelles ou à la nécessité de s’adapter à des emplois précaires. Beaucoup découvrent également la solitude, notamment lorsqu’ils déménagent ou changent de cercle social et doivent simultanément gérer des questions identitaires : savoir qui l’on est, comment se positionner dans le monde, quels choix effectuer pour l’avenir.
Cette accumulation de changements peut créer une véritable surcharge émotionnelle[2]. Même si ces bouleversements font partie du développement normal vers l’âge adulte, ils viennent parfois fragiliser l’équilibre psychique et rendre la gestion du quotidien plus complexe.
La “crise des 25 ans”, une étape de questionnements intenses
On parle de plus en plus de “crise des 25 ans” pour désigner cette période où les choix déterminants semblent s’accumuler. Les jeunes adultes doivent souvent décider de leur orientation professionnelle, réfléchir à leur lieu de vie, trouver un premier emploi stable ou encore envisager une relation affective durable. Cette impression de devoir “poser les bases” de sa vie peut créer un sentiment d’urgence ou de retard. Beaucoup ont l’impression que les autres avancent plus vite, que leurs propres choix ne sont pas les bons, ou qu’ils doivent réussir sans droit à l’erreur.
Ce phénomène n’a rien d’anormal : il reflète une étape de transition[3] où les repères d’adolescent disparaissent alors que l’avenir reste encore très ouvert. Il peut toutefois générer de fortes tensions internes et un sentiment de confusion qui méritent d’être pris au sérieux.
Les signes qui doivent alerter
Dans ce contexte mouvant, certains signes peuvent indiquer qu’un jeune adulte traverse une période de fragilité psychologique. L’anxiété[4], lorsqu’elle devient persistante ou diffuse, est souvent l’un des premiers indicateurs. Les troubles du sommeil[4], qu’il s’agisse de difficultés à s’endormir, de réveils multiples ou d’un sentiment de fatigue permanente au réveil, apparaissent également fréquemment. Certains jeunes évoquent une irritabilité inhabituelle[4], un sentiment d’être dépassés par les événements ou une difficulté à prendre des décisions qui semblaient auparavant simples.
Il arrive aussi qu’un jeune perde l’envie de participer à des activités qu’il appréciait, qu’il se sente en décalage avec son entourage ou qu’il pense ne plus avoir d’objectif clair. Ce sentiment de flou ou de vide intérieur ne doit pas être minimisé[4] : il peut traduire un déséquilibre émotionnel passager, mais il peut également être le signe que la situation nécessite un accompagnement extérieur, ne serait-ce que pour en parler et remettre de l’ordre dans les priorités.
Le dispositif “Mon soutien psy” disponible depuis 2022 s'adresse à toute personne de plus de 3 ans angoissée ou déprimée. L’objectif de ce dernier est de faciliter l’accès à un accompagnement psychologique.
[2] Yaëlle Amsellem-Mainguy et Arthur Vuattoux. Portrait social de la jeunesse.
[3] Radio France. Deux tiers des 25-33 ans touchés par "la crise du quart de vie".
[4] Assurance Maladie. Reconnaître les signes d’alerte d’une souffrance psychologique chez un jeune.
Le sommeil, premier repère de l’équilibre
Entre 18 et 25 ans, le sommeil est souvent bousculé par des horaires irréguliers, les études, les débuts dans la vie professionnelle ou l’usage tardif des écrans. Pourtant, il représente l’un des fondements de la santé mentale et physique. Lorsque le rythme devient instable, les effets apparaissent rapidement[5] : irritabilité, difficultés de concentration, baisse d’énergie, perte de motivation. Retrouver des horaires plus réguliers, limiter les écrans avant de dormir ou simplement reconnaître l’importance du repos peut déjà contribuer à rétablir un équilibre émotionnel plus solide.
Une alimentation régulière pour soutenir le corps et l’esprit
La transition vers l’autonomie modifie très souvent les habitudes alimentaires. Certains jeunes sautent des repas sans s’en rendre compte, d’autres mangent sur le pouce entre deux obligations, parfois avec une baisse d’appétit liée au stress. Sans viser un modèle parfait, il est important de conserver une alimentation suffisamment régulière et variée. Un corps correctement nourri gère mieux l’effort intellectuel[6], la charge émotionnelle et la fatigue quotidienne. Prendre le temps d’un repas, même simple, participe déjà au maintien de la santé.
Avoir un usage raisonné face aux écrans
Les écrans occupent une place importante dans la vie des jeunes adultes, entre les cours en ligne, les réseaux sociaux, les échanges quotidiens et les moments de détente. Leur usage excessif peut toutefois perturber la qualité du sommeil, accentuer les comparaisons sociales ou favoriser une forme de surcharge mentale. Prendre conscience du temps passé en ligne, s’accorder des pauses régulières ou éviter les usages tardifs peut contribuer à retrouver un rythme plus apaisé[7].
[5] Santé Psy Jeunes. Sommeil.
[6] Santé publique France. Les jeunes, l'alimentation et l'activité physique.
[7] Hôpitaux universitaires de Genève. Pour bien dormir, gardez les écrans à distance.
Les lieux d’écoute pour les 18-25 ans
En Haute-Garonne, plusieurs structures offrent un accueil pensé spécifiquement pour les jeunes adultes. Les Maisons Départementale des Adolescents, ouvertes jusqu’à 25 ans, proposent un espace où l’on peut parler librement de ses difficultés, qu’elles soient émotionnelles, familiales ou liées aux études. Les consultations y sont gratuites, confidentielles et accessibles sans passer par un médecin. Les jeunes y trouvent des professionnels à l’écoute : psychologues, éducateurs, infirmiers qui les aident à comprendre ce qu’ils traversent et à identifier les solutions possibles.
Les Points Accueil Écoute Jeunes jouent un rôle similaire : ce sont des lieux non jugeants où l’on peut simplement venir déposer ce qui pèse, sans rendez-vous formel ni démarches complexes, portés par la Mission Locale Haute-Garonne. L’association Arpade, à travers son Point Écoute Prévention, propose elle aussi un accueil gratuit et confidentiel pour les jeunes et pour les parents. Sa mission est de permettre l’expression de chacun, notamment lorsque les tensions familiales augmentent ou lorsque la communication devient difficile. L’association souligne que les jeunes peuvent venir seuls ou accompagnés et que les entretiens ont pour but de soutenir les étapes délicates du passage à l’âge adulte, une période où les questions de place et d’autonomie se posent avec une grande intensité.
Le Planning Familial de Haute-Garonne est un lieu d'information et d'écoute ouvert à tous (mineurs et majeurs) de façon gratuite et confidentielle. Vous pouvez poser vos questions autour de la vie affective et sexuelle et bénéficier d'une écoute attentive.
Le Centre Départemental de Planification et d’Éducation Familiale (CDPEF)
Le Centre Départemental de Planification et d’Éducation Familiale, rattaché à la Direction Adjointe PMI du Conseil départemental de la Haute-Garonne, est un acteur majeur pour l’accompagnement des adolescents et des familles sur les questions liées à la contraception, la sexualité, la vie conjugale et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST). Ce centre propose des consultations médicales assurées par des médecins et des sages-femmes, avec prescriptions et délivrances des moyens de contraception, ainsi que le suivi gynécologique nécessaire.
Le respect du secret médical est garanti pour les mineures qui souhaitent bénéficier de ces services en toute confidentialité, un point essentiel pour favoriser l’accès libre et sécurisé à l’information et aux soins. En plus des consultations, le CDPEF offre une écoute attentive et des entretiens gratuits et anonymes en cas de difficultés familiales ou conjugales.
Le centre est également habilité à réaliser des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses (IVG) dans le respect des conditions légales en vigueur.
Lorsqu’un jeune se sent débordé, en perte de contrôle ou en grande détresse, il existe des ressources accessibles immédiatement. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, offre une écoute spécialisée, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, assurée par des professionnels formés.
À quoi sert un bilan de santé pour un jeune adulte ?
Un bilan de santé permet de faire un point global sur la condition physique et les habitudes de vie d’un jeune adulte. C’est l’occasion d’évaluer sa vue, son audition, son hygiène bucco-dentaire, ainsi que des aspects comme le sommeil, l’alimentation ou l’activité physique. Ce bilan aide à identifier d’éventuels besoins ou risques, à anticiper les maladies et à recevoir des conseils personnalisés pour maintenir ou améliorer sa santé au quotidien.
En quoi consiste le bilan de prévention proposé par Ameli ?
Le bilan de prévention Ameli est un service gratuit, accessible via l’espace personnel en ligne, qui repose sur un questionnaire santé. Ce bilan aborde des thèmes variés comme le sommeil, l’alimentation, la santé mentale, les addictions ou la sexualité. Il permet d’évaluer les habitudes de vie, de repérer les facteurs de risque et de proposer un entretien avec un professionnel de santé pour un accompagnement personnalisé.
Comment reconnaître la “crise des 25 ans” ?
La “crise des 25 ans” désigne une phase de questionnements intenses sur l’avenir, le travail, la vie affective ou l’autonomie. Elle se manifeste par un sentiment de doute[3], de stress, parfois d’épuisement émotionnel, une difficulté à prendre des décisions ou une perte de motivation. Si ces ressentis deviennent envahissants ou durent dans le temps, il est recommandé de consulter un professionnel pour obtenir un soutien adapté.
Existe-t-il des dispositifs de soutien psychologiques gratuits et anonymes ?
En Haute-Garonne, des structures locales comme la Maison Départementale des Adolescents, les Points d’Accueil Écoute Jeunes (PAEJ) ou la Mission Locale offrent également des services d’écoute, d’orientation et d’accompagnement gratuits et confidentiels.
[3] Radio France. Deux tiers des 25-33 ans touchés par "la crise du quart de vie".
