Violence et parentalité : accompagner les familles vers une éducation sans violence
16 février 2026

Longtemps banalisées, les violences éducatives ordinaires (VEO) (fessée, cris, menaces, etc.) ne sont pas sans conséquences sur le développement de l’enfant.
Depuis 2019, la loi française est claire : l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ni psychologiques[1]. En Haute-Garonne, des ressources existent pour informer, prévenir et accompagner les familles vers une parentalité bienveillante et sécurisante.
En janvier 2026, la Cour de cassation a rappelé avec force qu’il n’existe pas de « droit de correction parentale »[1]. Aucun texte ne permet à un parent de frapper ou de blesser son enfant au nom de l’éducation.
Cette clarification juridique vise avant tout à protéger les enfants, mais aussi à accompagner l’évolution des pratiques éducatives. Elle rappelle que poser un cadre, fixer des limites et exercer son autorité reste essentiel… mais toujours sans violences.
Que sont les violences éducatives ordinaires (VEO) ?
On parle de violences éducatives ordinaires (VEO) pour désigner les gestes, paroles ou attitudes utilisés pour corriger ou faire obéir un enfant, mais qui portent atteinte à son intégrité physique ou psychologique.
Cela peut concerner :
- les violences physiques, comme les gifles, fessées, tapes, pincements ou secousses ;
- les violences verbales, comme les cris répétés, les insultes, les menaces ou les humiliations ;
- les punitions dégradantes ou les intimidations.
Ces pratiques ont longtemps été considérées comme « normales » ou « nécessaires » dans l’éducation. Pourtant, les recherches montrent qu’elles peuvent fragiliser l’estime de soi de l’enfant[2], altérer la relation de confiance avec ses parents et avoir des conséquences sur son développement affectif et social[2].
Ce que dit la loi : une autorité parentale sans violences
Depuis la loi du 10 juillet 2019[1], la règle est clairement inscrite dans le Code civil : l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. Autrement dit, aucune violence, même présentée comme « éducative », « légère » ou « exceptionnelle » ne peut être justifiée par un objectif d’éducation.
La loi de 2019 a mis fin à toute ambiguïté : la fessée, les gifles et plus largement les châtiments corporels sont interdits en France[1]. Cette interdiction vaut dans tous les contextes : à la maison, chez un proche ou dans tout lieu d’accueil de l’enfant.
Vous rencontrez des difficultés dans votre parentalité ? Des accompagnements existent en Haute-Garonne
Être parent peut parfois mettre à l’épreuve. Fatigue, isolement, séparation, difficultés financières ou tensions familiales peuvent fragiliser l’équilibre du quotidien. Si vous sentez que la colère prend le dessus ou que vous avez du mal à poser un cadre sans violence, des aides existent près de chez vous.
L’objectif de ces dispositifs n’est pas de juger, mais de soutenir les parents dans l’exercice de leur autorité, en proposant des espaces d’écoute, de conseil et d’accompagnement.
Les CPCA : Centres de prise en charge des auteurs de violences
Les Centres de prise en charge des auteurs de violences (CPCA) s’adressent aux personnes qui exercent ou craignent d’exercer des violences au sein de leur famille.
Ils proposent :
- un accueil confidentiel,
- des entretiens individuels,
- des groupes de parole,
- un accompagnement pour prévenir le passage à l’acte.
Les structures d’accompagnement à la parentalité en Haute-Garonne
- L’École des Parents et des Éducateurs de Haute-Garonne (EPE 31) : ateliers, conférences, groupes d’échanges et accompagnement individuel pour soutenir les parents à chaque étape de la vie de l’enfant.
- Les Lieux d’Accueil Enfants-Parents (LAEP) : espaces gratuits, anonymes et sans inscription, pour partager un temps avec son enfant et échanger avec des professionnels.
- Les Maisons des Solidarités du Conseil départemental : accueil, information et accompagnement social des familles.
- La médiation familiale, pour apaiser les conflits et préserver le lien parent-enfant, notamment en cas de séparation.
- Les associations structures d’aide à domicile et de soutien à la parentalité, qui peuvent intervenir au sein du foyer pour soulager le quotidien.
- Les centres sociaux et espaces de vie sociale, qui proposent cafés-parents, ateliers et temps d’échanges.
- Les actions portées par la Caf de la Haute-Garonne dans le cadre du Schéma départemental des services aux familles.
Ces dispositifs sont répartis sur l’ensemble du territoire haut-garonnais. Demander de l’aide est une démarche responsable. Être accompagné, c’est se donner les moyens d’exercer une parentalité ferme, sécurisante et respectueuse du développement de son enfant.
Victime ou témoin de violences envers un enfant, ne restez pas seul :
- appelez le 119 Allô Enfance en Danger, numéro gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24, qui écoute enfants, parents ou témoins et peut alerter les services compétents du département ;
- en cas d’urgence immédiate, contactez le 17 ou le 112.
Sources :
[1] Légifrance. Code civil. De l’autorité parentale relativement à la personne de l’enfant (Articles 371 à 381-2).
[2] StopVEO. La Violence Éducative Ordinaire.
