Prendre soin de sa santé
Comprendre et accompagner la santé de votre adolescent au collège et au lycée
L’adolescence, qui correspond souvent aux années collège et lycée, est une période de transformations rapides qui touchent à la fois le corps, les émotions, la vie sociale et le développement de l’autonomie[1].
Pour les parents, il s’agit de rester présents et attentifs tout en laissant à leur enfant l’espace nécessaire pour grandir. L’objectif de cette page est d’aider les familles de Haute-Garonne à mieux comprendre les enjeux de la santé adolescente, à repérer les signaux qui doivent alerter et à connaître les ressources fiables et locales qui peuvent soutenir le jeune ou sa famille. À noter que la carte Vitale est accessible dès 12 ans et est délivrée automatiquement à partir de 16 ans.
[1] Christine Cannard. Le développement de l’adolescent. L’adolescent à la recherche de son identité.
Le bilan réalisé au cours de la 12ᵉ année : contenus et modalités
Une étape clé du suivi adolescent est la visite effectuée au cours de la 12ᵉ année. Concrètement, un entretien de santé est proposé et réalisé par l’infirmier scolaire : il s’agit d’un bilan gratuit de l’état de santé physique et psychologique de l’enfant. Cette visite a pour objectif d’évaluer la croissance, la vision, l’audition et l’état général, d’aborder les questions liées à la puberté, à l’hygiène, au sommeil et aux comportements à risque, et d’orienter vers un médecin ou un spécialiste si un besoin est repéré[2].
La présence d’un parent est possible et le bilan s’effectue dans le cadre du respect de la confidentialité quand l’adolescent en fait la demande. Le service public rappelle que cette visite est gratuite et fait partie des dispositifs de dépistage proposés aux élèves.
Le médecin scolaire : prévention, examens et orientation vers des prises en charge
Le médecin de l’Éducation nationale intervient pour des examens plus approfondis et pour définir, si nécessaire, des aménagements scolaires en cas de maladie chronique, de handicap ou de difficultés durables. Sa mission regroupe la prévention collective, les bilans médicaux, le repérage des troubles et l’orientation vers des parcours de soins. En lien avec l’infirmier scolaire, il participe à l’élaboration d’un suivi adapté, par exemple une coordination avec le médecin traitant, une orientation vers un spécialiste ou la mise en place d’un projet d’accueil individualisé[3]. Ces actions s’inscrivent dans la politique nationale de promotion de la santé à l’école.
L’infirmier scolaire : porte d’entrée, écoute et premiers soins
Présent au quotidien dans l’établissement, l’infirmier scolaire constitue souvent le premier référent santé pour l’adolescent. Il ou elle prend en charge les urgences légères, écoute les jeunes confrontés à des difficultés, réalise des dépistages de premier niveau et oriente vers le médecin scolaire ou le médecin traitant selon les besoins. L’infirmier aborde également des sujets comme la santé mentale, le vécu de la puberté, questions sur la sexualité en garantissant confidentialité et bienveillance, ce qui facilite l’accès à l’aide pour les adolescents qui hésitent à en parler à leurs parents.
Le rôle du médecin traitant
Le médecin traitant reste le pivot du suivi médical hors établissement scolaire. La visite annuelle (ou le rendez-vous « bilan » entre 11 et 13 ans encouragé par l’Assurance Maladie)[4] permet d’aborder l’historique médical, la prévention vaccinale, l’hygiène de vie et les questions de développement.
Les parents peuvent utiliser l’annuaire santé pour identifier des spécialistes ou un médecin traitant en Haute-Garonne, et la déclaration d’un médecin traitant facilite le remboursement et la coordination des soins. En cas de signes persistants : douleurs, fatigue prolongée, troubles du sommeil, chutes de performance scolaire, modifications comportementales, il est recommandé de consulter le médecin traitant qui orientera vers le spécialiste approprié.
[2] Ministère de l’Éducation nationale. Le suivi de la santé des élèves.
[3] Ministère de l’Éducation nationale. L’accueil des élèves à besoins spécifiques : la mise en place d’un projet d'accueil individualisé.
[4] Assurance Maladie. Un examen de suivi médical pour l’adolescent entre 11 et 13 ans.
Comprendre les transformations de la puberté
L’adolescence est marquée par des changements rapides qui transforment profondément le corps : croissance plus ou moins rapide, modification de la silhouette, apparition des premières règles, augmentation de la transpiration, peau plus grasse ou acné[5]. Pour de nombreux jeunes, ces transformations peuvent être source de questionnements, de gêne ou d’inquiétude.
Les parents jouent alors un rôle essentiel en expliquant ce qui est normal, en rassurant leur enfant et en valorisant la diversité des rythmes de développement. L’adolescent peut vivre sa puberté plus tôt ou plus tard que ses camarades, ce qui influence sa perception de lui-même[5]. L’important est de rappeler que chaque corps évolue à son propre rythme et qu’aucun modèle n’est « meilleur » qu’un autre.
Hygiène bucco-dentaire et prévention des caries
Le dispositif “M’T dents tous les ans” propose un examen bucco-dentaire gratuit tous les ans des 3 aux 24 ans de l’enfant accompagné si besoin de soins pris en charge. Ce rendez-vous permet de vérifier la bonne pousse des dents, de prévenir les caries et de donner des conseils adaptés aux habitudes alimentaires ou au brossage. Les professionnels peuvent également orienter en cas de besoin d’orthodontie.
Soutenir l’adolescent dans cette période de transition
Face aux changements physiques, certains adolescents expriment un malaise plus profond : perte de confiance durable, évitement du regard des autres, refus d’activités sportives, repli, ou préoccupations excessives pour leur poids ou leur apparence. Dans ces situations, il est utile d’aborder le sujet avec douceur et d’ouvrir des espaces de parole. Lorsque la souffrance persiste, les parents peuvent solliciter l’infirmier scolaire, le médecin traitant ou des structures spécialisées dans la santé des jeunes.
Des lieux comme la Maison Départementale des Adolescents permettent un accompagnement global, alliant écoute, conseils et orientation si nécessaire. Un soutien précoce peut éviter que le malaise ne s’installe et aider l’adolescent à traverser cette période dans de meilleures conditions.
À noter également le dispositif “Mon soutien psy” disponible depuis 2022 s'adresse à toute personne de plus de 3 ans angoissée ou déprimée. L’objectif de ce dernier est de faciliter l’accès à un accompagnement psychologique. En savoir plus sur le site officiel.
[5] Assurance Maladie. Comprendre les changements à la puberté.
Les premières relations et construction de l’intimité
L’adolescence marque l’émergence des premières amitiés profondes, des premiers attachements amoureux et parfois des premières relations amoureuses. Le jeune découvre de nouvelles émotions, parfois intenses ou ambivalentes, qui peuvent le déstabiliser autant qu’elles participent à la construction de son identité[6].
Les parents peuvent jouer un rôle essentiel en valorisant l’écoute, en accueillant ces changements sans les minimiser et en offrant un espace rassurant où l’adolescent se sent autorisé à poser des questions. La compréhension de la vie affective se construit progressivement[6] : apprendre à respecter ses propres limites, comprendre celles des autres et reconnaître ce qui constitue une relation saine.
Informer sans dramatiser : consentement, respect et communication
Parler de consentement, de respect des limites de chacun, de liberté de dire oui ou non, constitue une base essentielle. Il s’agit également d’aider l’adolescent à développer une communication sincère dans ses relations, à identifier ce qu’est une relation équilibrée, bienveillante et sécurisante et à reconnaître les signaux d’une relation qui ne lui convient pas[7].
Les parents peuvent aborder ces sujets simplement, sans tabou, en rappelant que ces échanges n’ont pas pour objet d’encourager une sexualité précoce, mais de permettre au jeune d’être informé, autonome et capable de se protéger.
Les repères en matière de sexualité et de protection
Au collège puis au lycée, les adolescents reçoivent une éducation à la sexualité dispensée par des professionnels formés, au sein d’un cadre légal qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Ces temps d’information permettent d’aborder la puberté, les émotions, les relations amoureuses, les moyens de contraception, les infections sexuellement transmissibles, mais aussi la question du consentement et des violences.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page dédiée du site du Ministère de l’Éducation nationale.
[6] Pierre G.Coslin. Adolescence et vie sociale.
Comprendre les besoins de sommeil durant l’adolescence
Le sommeil joue un rôle central dans la santé physique et mentale des adolescents. Selon l’Inserm, les jeunes de 12 à 18 ans ont en moyenne besoin de 8 à 10 heures de sommeil par nuit[8] pour maintenir une bonne concentration, réguler leurs émotions et soutenir leur développement.
Les transformations hormonales de la puberté décalent naturellement l’endormissement[8], ce qui explique pourquoi de nombreux adolescents ont tendance à se coucher plus tard. Lorsque le sommeil est insuffisant ou irrégulier, les répercussions peuvent se faire sentir dans la vie scolaire, avec une baisse de la vigilance, des difficultés de mémorisation et parfois davantage d’irritabilité ou de stress.
L’impact des écrans sur l’endormissement et la qualité du repos
Les écrans influencent la qualité du sommeil, notamment à cause de la lumière bleue qui retarde l’endormissement. L’usage des écrans dans l’heure précédant le coucher augmente la probabilité de difficultés d’endormissement et de nuits plus fragmentées[9]. Les adolescents les utilisent souvent pour échanger, jouer ou consulter les réseaux sociaux, ce qui peut amplifier l’excitation cognitive et rendre l’endormissement plus difficile. Il peut être utile d’instaurer un environnement favorable au repos, en évitant les écrans dans la chambre et en encourageant des activités apaisantes en fin de journée.
Alimentation, énergie et transformation du corps
L’alimentation tient une place importante dans la santé des adolescents. Les besoins énergétiques augmentent à la puberté, période où le corps connaît une croissance rapide. Le Programme national nutrition santé (PNNS), porté par Santé publique France, rappelle l’importance de repas réguliers, de la présence de fruits, de légumes, de féculents et de protéines au cours de la journée, ainsi que d’une bonne hydratation[10].
Les prises alimentaires très tardives, la consommation fréquente de produits sucrés ou de boissons énergisantes peuvent perturber le sommeil et la concentration. Les adolescents peuvent parfois présenter des variations d’appétit liées au stress, à l’image corporelle ou aux changements hormonaux[10] ; il est essentiel pour eux de conserver un rapport serein et non culpabilisant à l’alimentation.
Il est également important de connaître les signes pouvant montrer des troubles des conduites alimentaires : repas sautés, isolement, pratique sportive intense et excessive, baisse de l'estime de soi, etc. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page dédiée du site de l'Assurance Maladie.
[8] Assurance Maladie. Sommeil de l’adolescent : quelles particularités ?
[9] Ministère de la Santé. Enfants et écrans : des risques sanitaires réels, un accompagnement nécessaire.
[10] Assurance Maladie. Alimentation des adolescents : quelques particularités.
Comprendre les vulnérabilités de l’adolescence face aux risques
L’adolescence est une période d’expérimentation et de recherche de sensations nouvelles. Le cerveau adolescent, encore en maturation, rend le jeune plus sensible à l’impulsivité, à l’influence du groupe et aux prises de risques[11].
Il s’agit d’un processus normal du développement[11], mais cette propension peut exposer les adolescents à des conduites problématiques, notamment autour de l’alcool, du tabac, du cannabis, des jeux en ligne ou d’une utilisation excessive des réseaux sociaux. L’objectif de la prévention n’est pas de culpabiliser l’adolescent, mais de lui donner des repères fiables pour qu’il puisse faire des choix éclairés.
Alcool, tabac, cannabis et autres produits : informer plutôt que sanctionner
Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, les premières expérimentations d’alcool et de tabac se déroulent le plus souvent au cours du collège ou du lycée[12]. Certaines pratiques, comme le « binge drinking » ou l’usage régulier de produits psychoactifs, peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé[12] : baisse de la vigilance, troubles de la mémoire, risque d’accidents, difficultés scolaires ou dépendance.
Les échanges calmes et non jugeants favorisent davantage la prise de conscience qu’une sanction immédiate. Les parents peuvent rappeler les risques pour la santé, proposer des informations fiables et encourager l’adolescent à demander de l’aide en cas de consommation problématique[12].
[11] Jacques Dayan et Bérangère Guillery-Girard. Conduites adolescentes et développement cérébral : psychanalyse et neurosciences.
[12] Santé publique France. Consommation de substances psychoactives chez les jeunes en France et dans certains pays à revenus élevés.
Les structures clés pour l’écoute et le soutien des adolescents
En Haute-Garonne, plusieurs dispositifs sont mobilisés pour accompagner les jeunes et leurs familles face aux questions de santé physique, mentale et sociale. La Maison Départementale des Adolescents (MDA) est un lieu incontournable : elle accueille gratuitement les jeunes de 11 à 21 ans, ainsi que leurs proches, pour des entretiens d’écoute, d’évaluation et d’orientation. Cet espace pluridisciplinaire réunit médecins, psychologues, travailleurs sociaux et autres professionnels spécialisés qui peuvent proposer un accompagnement personnalisé en fonction des besoins identifiés.
Les Points d’Accueil et d’Écoute Jeunes (PAEJ) complètent ce dispositif en offrant un service de proximité. Portés par la Mission Locale Haute-Garonne, ces lieux permettent aux adolescents et jeunes adultes de bénéficier d’une écoute bienveillante, d’un appui pour les démarches sociales, d’une sensibilisation à la prévention et d’une médiation en cas de conflit familial ou social.
Le Planning Familial de Haute-Garonne est un lieu d'information et d'écoute ouvert à tous (mineurs et majeurs) de façon gratuite et confidentielle. Vous pouvez poser vos questions autour de la vie affective et sexuelle et bénéficier d'une écoute attentive.
Association et dispositifs spécialisés en Haute-Garonne
Plusieurs associations locales œuvrent pour la prévention et l’accompagnement des jeunes face aux addictions, à la santé mentale ou aux difficultés familiales. Par exemple, l’association Arpade propose un Point Écoute Prévention pour permettre aux jeunes et à leurs parents d’exprimer leurs questions dans un cadre confidentiel. De même, la MSA propose des instants santé dédiés aux adolescents, avec des informations adaptées sur la santé physique et mentale.
Le Centre Départemental de Planification et d’Éducation Familiale (CDPEF)
Le Centre Départemental de Planification et d’Éducation Familiale, rattaché à la Direction Adjointe PMI du Conseil départemental de la Haute-Garonne, est un acteur majeur pour l’accompagnement des adolescents et des familles sur les questions liées à la contraception, la sexualité, la vie conjugale et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST). Ce centre propose des consultations médicales assurées par des médecins et des sages-femmes, avec prescriptions et délivrances des moyens de contraception, ainsi que le suivi gynécologique nécessaire.
Le respect du secret médical est garanti pour les mineures qui souhaitent bénéficier de ces services en toute confidentialité, un point essentiel pour favoriser l’accès libre et sécurisé à l’information et aux soins. En plus des consultations, le CDPEF offre une écoute attentive et des entretiens gratuits et anonymes en cas de difficultés familiales ou conjugales.
Le centre est également habilité à réaliser des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses (IVG) dans le respect des conditions légales en vigueur.
Comment savoir si mon adolescent doit consulter un professionnel de santé ?
Lorsqu’un jeune présente une fatigue inhabituelle et persistante, des douleurs récurrentes, des troubles du sommeil, des changements notables dans son comportement (isolement, irritabilité, perte d’intérêt) ou rencontre des difficultés à suivre le rythme scolaire, il est recommandé de consulter un médecin. Le service de santé scolaire peut également être sollicité pour une première évaluation. Ne pas hésiter à agir dès que vous avez un doute peut prévenir des complications.
Quel est le rôle du médecin ou de l’infirmier scolaire au collège et au lycée ?
Les professionnels de santé scolaires assurent des dépistages réguliers (vue, audition, posture, santé générale) lors des visites médicales obligatoires, mais ils sont aussi disponibles pour écouter les jeunes, répondre à leurs questions, prévenir les risques liés à la santé mentale, aux addictions ou à la sexualité et orienter vers des spécialistes si nécessaire. Ils participent activement à la prévention et au suivi des adolescents tout au long de leur scolarité.
Comment parler de santé sexuelle ou de contraception avec un adolescent ?
Il est essentiel d’adopter un dialogue ouvert, non jugeant et factuel. Fournir des informations fiables, rappeler que la contraception est accessible gratuitement et en toute confidentialité pour les mineurs dans les centres de planification familiale ou auprès du médecin scolaire et valoriser le respect du consentement sont des points clés. N’hésitez pas à encourager votre adolescent à poser ses questions à des professionnels si besoin.
Qui peut accompagner mon adolescent en Haute-Garonne en cas de besoin ?
La Haute-Garonne dispose de nombreux dispositifs adaptés : la Maison Départementale des Adolescents, les Points d’Accueil et d’Écoute Jeunes (PAEJ) portés par la Mission Locale, les centres de santé sexuelle et les services de santé scolaire. Par ailleurs, Parents31 et les services sociaux départementaux offrent un accompagnement aux familles. Ces structures proposent écoute, soutien, conseils et orientation vers des professionnels compétents. Le Planning Familial de Haute-Garonne est un lieu d'information et d'écoute ouvert à tous (mineurs et majeurs) de façon gratuite et confidentielle. Vous pouvez poser vos questions autour de la vie affective et sexuelle et bénéficier d'une écoute attentive.
