Rejoindre le réseau

Connexion

Mot de passe oublié

Je ne suis
pas inscrit



J’inscris ma structure



Parents 31

À la rencontre de la crèche Ramondia : apprendre à faire seul, dès le plus jeune âge

Devanture de la crèche de Ramondia

Apprendre à manger, à s’habiller, à se laver les mains… Ces gestes du quotidien peuvent sembler anodins et pourtant ils sont au cœur du développement de chaque enfant. Favoriser l’autonomie dès la crèche, c’est bien plus qu’une question pratique : c’est offrir à l’enfant les premières clés de sa confiance en lui. 

Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de la crèche Ramondia, structure gérée par la Communauté de communes des Pyrénées Haut-Garonnaises, pour comprendre comment l’équipe accompagne au quotidien les tout-petits vers ce précieux « faire seul ». C’est Solène Valle, éducatrice de jeunes enfants et directrice par intérim, qui a accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de la crèche Ramondia ?

« Je suis éducatrice de jeunes enfants et depuis septembre, j’assure la direction par intérim de la structure. Cela fait maintenant cinq ans et demi que je travaille à la crèche Ramondia.

C’est une structure à gestion de communautés de communes, avec un agrément de 30 places. L’équipe se compose de deux éducatrices de jeunes enfants, de trois auxiliaires de puériculture et de quatre agents CAP Petite Enfance. Nous accueillons les enfants du lundi au vendredi, de 7h30 à 18h30, en accueil régulier et en accueil occasionnel. Nous proposons aussi un accueil pendant les vacances scolaires pour les familles de passage. La structure est située sur un territoire touristique avec des familles qui viennent pour le ski ou la randonnée. »

Enfants jouant dehors

©Crèche de Ramondia

Comment définiriez-vous l’autonomie chez le jeune enfant ?

« Pour moi, l’autonomie, c’est avant tout un travail d’équipe et un travail avec les parents. À la crèche, on met en place des petites choses concrètes au quotidien : après le repas, on encourage les enfants à se débarbouiller seuls et à se laver les mains. Lors du change, on les fait participer : se nettoyer seuls pour les changes debout, aider à mettre la couche. On les encourage aussi à se déshabiller et à s’habiller tout seuls, à mettre leurs chaussures. Et puis on en parle avec les parents, pour voir où en est leur enfant à la maison aussi. »

Pourquoi est-il important de favoriser l’autonomie dès le plus jeune âge ?

« C’est essentiel parce que ça permet à l’enfant de prendre confiance en lui, de développer son estime de soi. L’enfant se sent encouragé, il se sent accompagné par l’adulte. Et ce sentiment de sécurité, cette relation de confiance avec l’adulte, c’est aussi quelque chose que l’on construit en lui laissant la place d’essayer. »

À partir de quel âge un enfant peut-il commencer à « faire seul » ?

« Ce n’est pas forcément une question d’âge. C’est surtout une question d’acquis et de là où en est l’enfant. Dès le moment où un bébé commence à manger des morceaux, on peut déjà l’encourager à se servir de ses mains pour manger seul. C’est une première forme d’autonomie. Et ça peut être très jeune ! »

Quels conseils simples donneriez-vous aux parents pour encourager l’autonomie à la maison ?

« Mon premier conseil, c’est de mettre de côté le côté pratique. Je comprends que ça puisse être contraignant… laisser un enfant manger seul, ça prend plus de temps, ça salit. Mais si on freine l’enfant par souci pratique, on rate une opportunité précieuse. Quand l’enfant est en demande, il faut le laisser expérimenter par lui-même. Ne pas faire à sa place, l’accompagner dans l’essai.« 

Comment accompagnez-vous l’autonomie des enfants en situation de handicap ?

« Pour nous, la démarche est la même. On part de l’enfant : de ses envies, de ce qu’il cherche à faire, de ce qui le motive. L’accompagnement passe beaucoup par la parole : encourager, donner confiance. On reste à l’écoute de ses besoins, on adapte notre façon de faire, mais l’idée centrale reste la même : l’enfant est acteur, on l’accompagne, on ne fait pas à sa place. »

Enfants et professionnels dehors

©Crèche de Ramondia

Avez-vous des outils ou rituels pour assurer une continuité entre la crèche et la maison ?

« Notre outil principal, c’est l’échange avec les parents. On est dans une démarche de co-éducation : on partage ce qu’on observe à la crèche, on écoute ce que vivent les parents à la maison. Ce dialogue régulier permet d’avancer ensemble, dans le même sens. Il n’y a pas de cahier ou d’application magique, c’est vraiment la relation de confiance avec les familles qui fait la continuité.« 

Quel message aimeriez-vous faire passer aux parents concernant l’autonomie de leur enfant ?

« Ne pas hésiter à mettre des mots sur ce que fait l’enfant, à verbaliser ses apprentissages. Et surtout : faire confiance à l’enfant. Il apprend, progresse, à son rythme. L’adulte n’a pas besoin d’être dans le contrôle permanent. Accompagner, c’est être là, encourager, mais laisser l’enfant vivre l’expérience par lui-même. C’est comme ça qu’il grandit.« 

Partager Partager sur Facebook Partager sur Twitter Imprimer cette page